Contre les actes antisémites, Contre leur instrumentalisation, Pour le combat contre le racisme sous toutes ses formes

Depuis le mois de novembre, dans notre région comme ailleurs en France, un mouvement populaire inédit porté par les Gilets jaunes exprime avec une grande ampleur la colère du plus grand nombre.

En face et sous prétexte de sécurité depuis que l’état d’exception est dans loi, le pouvoir, installé dans un déni absolu de démocratie, impose sa répression policière, porte atteinte à la liberté d’expression, reste aveugle aux revendications légitimes de celles et ceux qui souffrent. Dans un tel contexte, alimenté par les discours de haine de l’extrême droite, le racisme sous toutes ses formes, dont l’antisémitisme, ne cesse de progresser, rappelant les heures sombres que l’Europe avait connues à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale.

 

On a vu ressurgir ces derniers temps des tags antisémites anonymes, isolés mais intolérables, dont l’effet amplifié par les médias vise à discréditer cette colère populaire. Nos organisations citoyennes et non violentes, engagées de longue date contre le racisme et le colonialisme condamnent fermement ces inepties judéophobes qu’on pouvait penser d’un autre âge. Mais nous ne pouvons pas non plus accepter, que sous prétexte d’être femmes portant le voile, événement récent rapporté par Le Républicain Lorrain, deux clientes soient en butte à la violence islamophobe au point de susciter un tollé général de grande ampleur.

 

Qu’il s’agisse d’insultes ou de tags antisémites, d’humiliations verbales voire physiques à l’encontre des populations racisées (Noirs, adeptes de l’Islam, Rroms, Migrants poussés par la misère et que notre devoir impose d’accueillir dignement),

 

la lutte contre le racisme ne se divise pas !

 

Elle vise également la politique des États qui ne reconnaissent pas les mêmes droits aux populations sur leur territoire, excluent l’autre en instaurant un apartheid, l’inscrivent dans la loi. C’est le cas en Israël au nom d’une idéologie qu’on nomme le sionisme et que nous combattons parce qu’elle conduit au racisme d’état, privant les Palestiniens de leurs droits légitimes.

 

La campagne BDS France que nous représentons (Boycott, Désinvestissement, Sanctions, jusqu’à ce qu’Israël se conforme au droit international), de plus en plus soutenue par de nombreux Juifs ou Israéliens refusant cette politique de séparation préjudiciable aux deux peuples, se déclare fièrement antisioniste, au service du colonisé palestinien discriminé, victime d’un racisme d’état.

Or les évènements récents révèlent la volonté de certaines sphères du pouvoir et de la pensée dominante en France à vouloir amalgamer l’antisionisme avec l’antisémitisme, le premier n’étant parait-il que le masque de l’autre, le faux nez comme certains ont osé l’écrire avec abjection d’une judéophobie mutante !!! Pendant ce temps, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou n’hésite pas à soutenir des régimes européens ouvertement judéophobes comme celui d’Orban en Hongrie

Nous ne craignons pas ces groupes de pression flirtant de plus en plus

avec la pire des extrême-droite antisémites et qui viennent nous donner des leçons.

Nous les combattons et nous ne nous tairons pas !

 

L’antisémitisme est un crime et à ce titre justement condamnable quand la haine du Juif est explicite, c’est un crime contre l’humanité puisque, comme le sionisme, il s’oppose au vivre-ensemble. Mais on ne répare pas un crime, aussi abominable soit-il, par cet autre crime dont est aujourd’hui victime le Palestinien, étranger à cette sinistre page d’Histoire européenne.

 

C’est au nom de la Paix, de la Justice, de l’Egalité et de la Liberté que nous nous déclarons par delà nos différences, antisionistes, antiracistes et anticolonialistes et à ce titre opposés à la politique de l’état d’Israël, état d’apartheid.

 

 

Des députés, incapables de donner une réponse politique satisfaisante aux souffrances qui se sont exprimées à travers le mouvement des Gilets jaunes, réclament sans lien avec les événements récents une loi condamnant l’antisionisme. Une telle mesure placerait notre pays dans une situation de recul de la liberté d’expression, de refus des valeurs humanistes et ouvrirait la porte à toutes les intolérances. Personne ne peut l’accepter !

 

                                                 

 

                                               NON À TOUTES LES FORMES DE RACISME !

 

NON À LA CONFUSION ENTRETENUE

ENTRE ANTISÉMITISME ET ANTISIONISME !

 

NON À L’INSTRUMENTALISATION DES DISCOURS DE HAINE !