Archive for juin, 2015

29 juin 2015

TOP A L’IMPUNITE D’ISRAEL STOP AU SILENCE DES GOUVERNEMENTS Israël empêche la Flottille d’accoster à Gaza.

TOP A L’IMPUNITE D’ISRAEL
STOP AU SILENCE DES GOUVERNEMENTS

La Flottille  »Le Liberté III » constituée de 5 bateaux a quitté la Grèce le 23 juin 2015, chargée de matériel
(plaques solaires, équipements médicaux) pour se rendre à Gaza.

Comme en 2010 (où 9 Turcs sont morts lors de l’abordage israélien sur le Navy Marmara) et en 2011 (où les Flottilles ont été détournées puis détruites) Israël empêche la Flottille d’accoster à Gaza.

Après avoir saboté l’un des bateaux, Le Juliano qui a coulé le 27 juin, l’armée israélienne a pris en otage Le Marianne qui est dirigé vers le port d’Ashdod en Israël.

Une fois de plus, Israël a usé de son impunité pour empêcher les 50 personnes présentes sur les embarcations de rendre visite aux Palestiniens enfermés depuis 9 ans dans la plus grande prison à ciel ouvert, toujours bombardéee.

Nous exigeons :
1-Que le bateau Le Marianne soit restitué entier (et non démoli comme Israël le fait habituellement
2-Que les personnes arrêtées soient immédiatement libérées
3-Que cesse le blocus de Gaza qui asphyxie toute une population
4-Que les autres bateaux de la Flottille puisse se rendre à Gaza

Disons notre ras le bol, notre colère à Israël, à nos gouvernants

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26 juin 2015

PROCÈS LDH, LICRA, BNVCA ET AVOCATS SANS FRONTIÈRES CONTRE SAADIA ET HUSEIN | COMITE BDS FRANCE 34

PROCÈS LDH, LICRA, BNVCA ET AVOCATS SANS FRONTIÈRES CONTRE SAADIA ET HUSEIN

Publié le 26 juin 2015

Jeudi 25 juin, rassemblement de solidarité avec Saadia et Husein poursuivis par la LDH.

Le procès est reporté à la demande de la LDH et la date fixée est le 12 novembre 2015.

Nous découvrons au procès que la LICRA, le BNVCA et Avocats sans frontières se sont également portés paries civiles sur la base de la plainte de la LDH contre Saadia et Husein.

bds34  

 

viaPROCÈS LDH, LICRA, BNVCA ET AVOCATS SANS FRONTIÈRES CONTRE SAADIA ET HUSEIN | COMITE BDS FRANCE 34.

24 juin 2015

LETTRE OUVERTE : Maison de la Paix – Amis de l’Arche de Montpellier à Madame Sophie MAZAS, Présidente de la LIGUE DES DROITS DE L’HOMME 34 | COMITE BDS FRANCE 34

Maison de la Paix – Amis de l’Arche de Montpellier

chez J.C. Vigour

153, impasse du Muscadet 34090 Montpellier

Madame,

Montpellier, le 23 juin 2015

Madame Sophie MAZAS, Présidente

de la LIGUE DES DROITS DE L’HOMME 34 27 boulevard Louis Blanc

34000 Montpellier

Les membres de la Maison de la Paix – Amis de l’Arche de Montpellier, réunis le 22 juin 2015, ne peuvent rester indifférents aux accusations de la LDH 34 à l’encontre de leurs amis de lutte pour la justice, la paix et la préservation des droits humains, notamment des Palestiniens.

Aussi nous regrettons vivement que la Ligue des Droits de l’Homme montpelliéraine porte des accusations sans rapport avec les faits et refuse de prendre en compte les explications fournies par les deux militants du Comité BDS34.

Comme vous le savez, les militants de BDS ont fait preuve d’un manque d’attention en partageant sur internet photos et textes tout-à-fait condamnables et ont été l’objet d’une méprise odieuse… Bien évidemment, ils ont retiré la photo et le texte compromettants, dont ils ne pouvaient approuver le message.

Maintenir une plainte pour avoir négligé de faire un démenti des faits nous semble excessif. Certes, il y a eu omission et erreur, mais cela ne justifie pas une poursuite judiciaire pour « contestation de crimes contre l’humanité ».

Le communiqué de BDS du 19 mars, renouvelé le 20 juin 2015, déclare :

  Nous n’avions pas vu le texte caché derrière une image que nous avons partagée sur Facebook,

  Nous sommes totalement en désaccord avec les propos ignobles tenus dans ce texte,

  Dès que nous avons été informés de notre méprise, nous avons immédiatementsupprimé le texte, la photo et l’expéditeur du post en question,

  Nous combattons avec toute notre énergie l’antisémitisme mais aussi l’amalgame qui assimile antisionisme et antisémitisme.

La Ligue des Droits de l’Homme, comme le comité BDS 34, vont sortir tous deux perdants de ce procès, c’est pourquoi nous demandons à la LDH 34 d’avoir la sagesse de retirer les accusations portées contre les deux militants.

Nous sommes convaincus qu’un changement d’attitude de la LDH 34 lui apportera davantage de reconnaissance et permettra à la LDH ainsi qu’au comité BDS de sortir « gagnants-gagnants » de cette impasse regrettable pour tous.

Veuillez croire, Madame, à l’expression de nos sentiments distingués.

Jean-Claude Vigour

Secrétaire de la Maison de la Paix – Amis de l’Arche de Montpellier

(association membre de la Maison des Tiers-Mondes et de la Solidarité internationale de Montpellier)

viaLETTRE OUVERTE : Maison de la Paix – Amis de l’Arche de Montpellier à Madame Sophie MAZAS, Présidente de la LIGUE DES DROITS DE L’HOMME 34 | COMITE BDS FRANCE 34.

19 juin 2015

Assawra – الثورة: L’incendie…Palestine: 16 colons interpellés après l’incendie d’un sanctuaire chrétien

L’incendie

« Sur ce site, le Christ aurait procédé à la multiplication des pains »

« c’est quoi? »

« un autre miracle de Jésus… de cinq pains, il en fit des milliers… »

« quel était le sens de son geste »

« le partage »

« …!? »

Al Faraby

Vendredi, 19 juin 2015

Le sanctuaire de Tabgha, haut lieu du christianisme en Palestine construit sur le site présumé où le Christ aurait procédé à la multiplication des pains, a été endommagé par un incendie ayant toutes les apparences d’un acte de haine religieuse.

Deux pièces du complexe entourant l’église de la Multiplication sur la rive nord-ouest du lac de Tibériade ont été ravagées par le sinistre qui est survenu dans la nuit de mercredi à jeudi et qui a suscité une vive indignation.

viaAssawra – الثورة: L’incendie.

 

Palestine: 16 colons interpellés après l’incendie d’un sanctuaire chrétien

La police israélienne a annoncé jeudi l’interpellation de 16 jeunes colons juifs après un incendie ayant endommagé le sanctuaire de Tabgha, haut lieu du christianisme catholique construit sur le site où le Christ aurait procédé à la multiplication des pains.
Deux pièces du complexe entourant l’église de la Multiplication, dans le nord d’Israël, ont été endommagées par l’incendie survenu dans la nuit et que la police soupçonne d’être d’origine criminelle. Des photos publiées par la police montrent un plafond, des sols et des portes endommagées par le sinistre. L’église elle-même ne semble pas avoir été touchée.
Un graffiti en hébreu biblique découvert sur un mur du complexe situé sur la rive nord-ouest du lac de Tibériade appelle à chasser d’Israël les dieux païens, a constaté un photographe de l’AFP.
Le graffiti est tiré d’une prière juive prononcée trois fois par jour.
Selon le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld, deux personnes qui se trouvaient dans le bâtiment au moment de l’incident ont été transférés à l’hôpital pour avoir inhalé de la fumée.
« Il y a une forte possibilité qu’il ne s’agisse pas d’un accident », a déclaré M. Rosenfeld à l’AFP.
Jeudi en fin de matinée, la porte-parole de la police Luba Samri annonçait l’interpellation « dans un secteur proche de l’église de 16 jeunes dans le cadre de l’enquête pour vérifier s’ils sont impliqués dans l’incident survenue avant l’aube ».
Selon elle, les 16 jeunes vivent dans des colonies juives de Cisjordanie dont 10 à Yitzhar, connue comme étant un bastion d’extrémistes ayant déjà été impliqués dans des crimes haineux.
Le site de Tabgha avait déjà été visé en avril 2014, peu avant la visite du pape en Terre sainte. Selon des responsables catholiques, de très jeunes juifs religieux avaient endommagé des croix et s’en étaient pris à des religieux.
Depuis des années, des activistes d’extrême droite ou des colons se livrent en Israël et dans les Territoires palestiniens, sous le label « le prix à payer », à des agressions et des actes de vandalisme contre des Palestiniens, des Arabes israéliens, des lieux de culte musulmans et chrétiens, ou même l’armée israélienne. source http://assawra.blogspot.fr/2015/06/israel-16-colons-interpelles-apres.html
18 juin 2015

Gaza : Le Blocus de Gaza en Chiffres – Déni et Privation continuels Rapport du 14 juin 2015 – Ma’an Development Center Gaza

Le blocus asphyxiant de Gaza par Israël entre maintenant dans sa neuvième année, avec un impact dévastateur croissant sur les vies des 1,8 million de Palestiniens. Le blocus de Gaza a créé une situation humanitaire précaire que la fermeture du passage frontalier de Rafah contrôlé par l’Égypte, la porte de sortie principale vers le monde extérieur, aggrave.

Les chiffres ci-dessous, ainsi que les histoires des Gazaouis ordinaires, illustrent quelques-uns des effets désastreux du blocus.

 

Restrictions à la libre circulation des personnes :

– 535 patients palestiniens, dont 86 enfants, n’ont pas été autorisés à recevoir un traitement médical à l’extérieur de Gaza en 2014. 160 autres patients, dont 16 enfants, ont subi le même refus en 2015. (1)

– Environ 550 étudiants n’ont pas été autorisés à passer par Erez pour aller poursuivre leurs études dans des universités étrangères depuis 2014. (2)

– Le terminal de Rafah entre Gaza et l’Égypte a été ouvert 122 jours en 2014. Au cours des quatre premiers mois de 2015, il n’a été ouvert que cinq jours. (3)

– Environ 30.000 Palestiniens, dont des patients et des étudiants, attendent de traverser en Égypte. Parmi eux, 17.000 sont inscrits comme prioritaires sur les listes du ministère palestinien de l’Intérieur à Gaza. (4)

Entrave à l’entrée de matériaux :

– Israël limite sévèrement l’importation à Gaza des agrégats, des barres de fer et du ciment, qui sont essentiels à la construction.

– Environ 800.000 camions de matériaux de construction sont indispensables pour construire maisons, écoles, structures sanitaires et autres infrastructures (5) qui ont été détruites ou endommagées : le taux d’entrée de matériaux de construction n’est que de 0,2 pour cent. A ce rythme, il faudra plus d’un siècle pour reconstruire Gaza. (6)

– 17.600 familles sont toujours sans abri du fait de la destruction de leur maison pendant l’attaque israélienne de 2014(7). Parmi elles, 1.031 familles sont hébergées dans ces centres collectifs de l’UNRWA et 481 autres dans des caravanes (8) en attendant la reconstruction de leur maison.

Effondrement économique :

– 72 pour cent des usines de Gaza ont fermé depuis 2007 à cause des restrictions sévères sur les importations, la presque-totale interdiction sur les exportations et les destructions causées par les opérations militaires israéliennes. (9)

– Le secteur des exportations de Gaza a pratiquement disparu et le secteur manufacturier connaît une réduction allant jusqu’à 60 pour cent. (10)

– Les pertes de PIB à Gaza depuis l’imposition du blocus en 2007 sont estimées à plus de 50 pour cent. (11)

– Le taux de chômage à Gaza est le plus élevé du monde, à 44 pour cent. (12)

Impact sur l’agriculture et les moyens d’existence :

– L’accès des fermiers à leurs terres dans les « Zones d’accès limité » ( Access Restricted Areas, ARA) (13), en particulier à l’intérieur des 300m depuis la clôture avec Israël, est interdit par l’armée israélienne et empêché par la force létale.

– Les ARA prennent jusqu’à 17 pour cent de la terre totale de Gaza. En effet, 35 pour cent des terres arables disponibles à Gaza sont d’une utilisation dangereuse pour les Palestiniens. Les zones les plus proches de la clôture frontalière ont les accès les plus limités. (14)

– Cinq civils palestiniens ont été tués et 131 ont été blessés dans les ARA en 2014. 17 autres personnes ont été blessées depuis le début de 2015.

– Les pêcheurs sont autorisés à accéder à 6 miles nautiques sur les 20 miles nautiques de la zone de pêche qui leur a été allouée par les Accords d’Oslo de 1993. Cette restriction empêche les pêcheurs d’accéder aux zones de pêche les plus riches, ce qui diminue les prises et les revenus.

– La marine israélienne a détenu 58 pêcheurs à l’intérieur de la limite des 6 miles en 2014 et 13 autres pendant les quatre premiers mois de 2015. (15)

– Les forces navales israéliennes ont confisqué 27 bateaux et endommagé 7 autres à l’intérieur de la limite des 6 miles en 2014. Au cours des quatre premiers mois de 2015, 4 bateaux ont été confisqués et 6 endommagés. (16)

– Environ 1.400 tonnes de capture sont perdues chaque année à cause des restrictions sur la zone de pêche de Gaza, ce qui prive l’économie de 26 millions de dollars par an. (17)

– Le nombre de pêcheurs à Gaza est de 3.500, (18) mais en pratique seuls 1.200 pêcheurs peuvent pêcher. (19)

– 95 pour cent des pêcheurs de Gaza reçoivent une aide internationale. (20)

– 57 pour cent de la population de Gaza souffre d’insécurité alimentaire (21) et près de 80 pour cent sont bénéficiaires d’aide. (22)

Effondrement de l’infrastructure d’eau et d’assainissement :

– 90 millions de litres d’eaux usées et partiellement traitées sont rejetés dans la Mer Méditerranée depuis Gaza à cause des coupures d’électricité et du manque de matériaux de construction, dont les pièces détachées, pour les installations de traitement des eaux usées.

– 97 pour cent de l’eau fournie par les réseaux municipaux est impropre à la consommation humaine. (23)

viaGaza : Le Blocus de Gaza en Chiffres – Déni et Privation continuels Rapport du 14 juin 2015 – Ma’an Development Center Gaza.

17 juin 2015

Interview : Omar Barghouti, l’homme à la base du mouvement BDS

Interview : Omar Barghouti, l’homme à la base du mouvement BDS

16 juin | Rami Younis pour +972 |Omar Barghouti , Traduction Jean-Marie Flémal pour la Plate-forme Charleroi-http://www.aurdip.org/interview-omar-barghouti-l-homme-a.html

A mesure que le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions prend de l’ampleur, son cofondateur, Omar Barghouti, est devenu une cible de diabolisation, pour Israël. Rami Younis, de +972, s’est assis un moment avec Barghouti pour une discussion des plus intéressantes sur les objectifs des BDS, sur leurs récents succès et sur les accusations de plus en plus fréquentes prétendant que le mouvement de boycott est une manifestation d’antisémitisme.

(Cet article est d’abord paru en arabe sur Bokra)

Omar Barghouti est l’un des noms les plus honnis actuellement dans les cercles pro-israéliens et les cercles gouvernementaux israéliens. Des responsables politiques ont qualifié ce militant palestinien des droits de l’homme et dirigeant du mouvement BDS – qu’il a cofondé voici dix ans et qu’il dirige actuellement – de menace pour l’État d’Israël. Une menace dans quelle mesure ? Eh bien, la semaine dernière, précisément, le quotidien le plus vendu d’Israël, Yedioth Ahronot, a publié tout un article à la une sur cet homme, le surnommant même « Omar l’explosif ». Et, si lui et son mouvement de boycott suscitent de tels accès de panique chez les responsables sionistes et dans leurs médias, on ne peut que présumer qu’il agit à très bon escient.

« Est-ce l’époque de la Renaissance, pour les BDS ? », lui demandé-je lors d’un appel téléphonique. Il rit et me dit que bien des choses doivent encore venir.

Pourtant, Barghouti, 51 ans, refuse de répondre à ses accusateurs — il poursuit le boycott des médias israéliens. Il a accepté de participer à cette interview particulière en raison de mon identité palestinienne et à condition qu’elle serait d’abord publiée en arabe sur le site palestinien « Bokra » – bien qu’elle soit également publiée en anglais ici, sur +972 Magazine, et en hébreu, sur Local Call, dont je suis un des blogueurs. Un antisionisme trilingue uni dans sa plus belle expression, dois-je ajouter.

Barghouti explique son choix de ne pas adresser la parole aux médias israéliens, ainsi que la logique qui sous-tend l’appel plus général aux boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël dans l’ensemble : « Dans toute autre situation d’oppression prolongée, les groupements des droits de l’homme réclament des mesures punitives contre l’État et ses institutions, et pas simplement contre une étroite composante de l’État directement impliqué dans l’injustice en cours. Personne n’a appelé au boycott des produits des sociétés soudanaises produisant au Darfour, suite aux crimes de guerre commis là-bas par le régime soudanais. C’est le Soudan dans sa totalité qui a été visé. »

« Comme l’a dit un jour l’archevêque Desmond Tutu, Israël a été mis sur un piédestal, en Occident, et il a été traité comme s’il était au-dessus des lois internationales. Les BDS cherchent à mettre un terme à cet exceptionnalisme israélien et à cette impunité dans le crime. Israël doit être traité comme tout autre pays qui commet des crimes du même acabit. »

Le mouvement BDS a été lancé le 9 juillet 2005, lorsqu’une large alliance de plus de 170 partis politiques, syndicats, réseaux de réfugiés, ONG et associations citoyennes de Palestine ont publié un appel ouvert au boycott, adressé aux organisations internationales de la société civile et aux gens dotés de conscience. Il appelait à « imposer d’importants boycotts et appliquer des initiatives de désinvestissement contre Israël, similairement aux mesures appliquées à l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid », explique Barghouti. « Aujourd’hui, le mouvement BDS international est dirigé par la plus importante coalition de la société palestinienne, le Comité national BDS (BNC). »

Le mouvement BDS réclame :

la fin de l’occupation par Israël des territoires palestiniens et arabes depuis 1967, y compris le démantèlement du mur et des colonies :

la fin du système israélien de discrimination raciale à l’égard de ses citoyens palestiniens ;

le respect du droit fondamental, avalisé par les Nations unies, des réfugiés palestiniens à regagner leurs foyers.

« Ces trois droits fondamentaux correspondent aux trois principales composantes du peuple palestinien : ceux de la bande de Gaza et de Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est ; ceux du territoire de 1948 qui vivent sous l’apartheid israélien, et ceux qui sont en exil », déclare Barghouti. Il insiste sur le fait que, quelle que soit la dimension que prendra la solution au conflit, elle devra s’appuyer sur ces principes.

L’instrument que les 170 organisations de la société civile palestinienne ont choisi dans leur lutte pour revendiquer ces droits et pour combattre l’occupation israélienne s’appuie entièrement sur un discours des droits de l’homme et sur l’action non violente – par opposition à la violence de l’occupation même. Pour cette raison au moins, il importe d’entendre et de comprendre ce que Barghouti a à nous dire.

Q. Vous avez connu bien des succès dans votre campagne, dernièrement. Deux exemples : Lauryn Hill annulant son spectacle en Israël et Orange menaçant de retirer sa marque du pays. De quels autres succès pouvez-vous parler et qui n’ont pas bénéficié d’autant d’attention des médias ?

« L’énorme fonds de pension hollandais, PGGM, dont les investissements internationaux avoisinent les 200 milliards de USD, a décidé l’an dernier de désinvestir des cinq principales banques israéliennes en raison de leur implication dans le financement de l’occupation.

« Cela a été suivi par la décision de l’Église presbytérienne américaine de désinvestir de Caterpillar, HP et Motorola Solutions à cause de leur complicité dans l’occupation, et du désinvestissement de Bill Gates de G4S, la plus importante société de sécurité dans le monde et qui est impliquée dans les crimes israéliens contre le peuple palestinien. Les BDS parviennent à révéler la toxicité de la ’marque’ Israël. »

Q. Certains activistes BDS choisissent de boycotter complètement Israël et pas uniquement les sociétés ou les institutions qui tirent directement profit de l’occupation. Pourquoi ?

« La distinction artificielle et indéfendable entre Israël et ’l’occupation’ est politique et idéologique ; elle ne s’appuie pas sur des considérations pratiques, juridiques ou morales. C’est Israël que le droit international considère comme la puissance occupante et, par conséquent, il est la partie responsable de la construction et de la maintenance non seulement des implantations coloniales, mais aussi de tout le régime d’occupation.

« Israël est également responsable de ce que même le ministère américain des Affaires étrangères a critiqué en tant que discrimination institutionnelle, juridique et sociétale à l’égard des citoyens palestiniens d’Israël, et un tel système correspond à la définition de l’apartheid telle que l’entend l’ONU. »

« Mais l’injustice la plus profonde de la part d’Israël, affirme Barghouti, réside dans le refus du droit au retour des réfugiés palestiniens. Ces réfugiés, déracinés et dépossédés en 1948, constituent 68 pour 100 du peuple palestinien. Eux aussi méritent l’égalité des droits de l’homme », insiste-t-il.

Q. Une accusation habituelle contre la campagne internationale de BDS est qu’elle se nourrit de l’antisémitisme. Que répondez-vous à cela ?

« BDS est un mouvement non violent des droits de l’homme et qui recherche la liberté, la justice et l’égalité pour le peuple palestinien. Il s’appuie sur le droit international et sur les principes universels des droits de l’homme. En tant que tel, BDS a toujours rejeté catégoriquement toutes les formes de discrimination et de racisme, y compris l’antisémitisme, ainsi que les innombrables lois racistes en Israël.

« Notre combat non violent n’a jamais été contre les Juifs ou les Israéliens en tant que Juifs, mais contre un régime injuste qui asservit notre peuple par le biais de l’occupation, de l’apartheid et de la négation des droit des réfugiés tels que définis par l’ONU. Nous sommes fiers du nombre disproportionnellement élevé d’activistes juifs au sein du mouvement BDS, particulièrement aux États-Unis.

« Faire l’amalgame entre les boycotts honorés par le temps et s’appuyant sur les droits de l’homme, contre les violations par Israël du droit international, et le racisme anti-juif est non seulement incorrect, mais c’est également une tentative raciste de mettre tous les Juifs dans le même sac et de les impliquer dans les crimes d’Israël contre les Palestiniens.

« L’accusation de racisme lancée par Israël contre le mouvement BDS, c’est comme si le Ku Klux Klan avait accusé Martin Luther King Jr. et Rosa Parks de racisme ! C’est vraiment de la propagande flagrante ! »

Q. Comment identifiez-vous un individu, une organisation ou une quelconque identité à cibler ? Et, une fois que vous les avez identifiés, comment procédez-vous, dès cet instant ?

« Les trois critères généraux recommandés par le BNC palestinien dans le choix des cibles stratégiques sont : primo, le degré de complicité – concentrer son attetion sur les sociétés et produits qui sont le plus clairement et directement impliqués dans les violations des droits de l’homme par Israël et les plus aisés à expliquer à un large public.

« Secundo, la possibilité d’alliances entre mouvements : donner la priorité aux sociétés ou produits qui rendent possible la création de larges alliances de luttes conjointes. Par exemple, la campagne visant à faire cesser les contacts avec la société israélienne de l’eau, Mekorot, engage un large éventail de campagnes pour l’environnement et contre la privatisation.

« Et, tertio, le potentiel de succès : une campagne BDS devrait avoir une chance réaliste de succès, en sus d’accroître simplement la conscientisation, en étant par exemple à même de persuader une société ou institution internationale de cesser de soutenir une société israélienne. »

Il y a quelques mois, j’ai assisté à une discussion publique de Barghouti face à 400 citoyens palestiniens d’Israël, dans la ville d’Ara’ra. Avant de commencer, j’ai demandé aux membres de l’audience de lever la main s’ils avaient déjà entendu parler du mouvement BDS.

Vingt personnes seulement l’ont fait. J’ai regardé Barghouti : il souriait. Il savait ce que j’allais demander. Ici, je me souviens bien de lui à ce moment-là. (Note préalable : les termes « région de 1948 » et « Palestiniens de 1948 » font référence à la zone située à l’intérieur des frontières d’Israël d’avant 1967 et aux citoyens palestiniens d’Israël.)

« Les accords d’Oslo ont privé les Palestiniens de la région de 1948 de leurs droits de représentation, ce qui a provoqué une sérieuse rupture », explique-t-il. « Au contraire, le mouvement BDS insiste sur le droit de tous les Palestiniens d’exercer l’autodétermination en tant que peuple unifié et, en tant que tel, insiste sur les droits de tous les Palestiniens, y compris les Palestiniens de 1948. D’importants groupes au sein de 1948 ont participé au lancement des BDS en 2005, mais le mouvement n’en a pas fait assez pour accroître la conscience là-bas.

« De même, la lutte pour décoloniser nos esprits est une lutte qui monte dans la région de 1948, du fait que le processus d’« israélisation », ou colonisation de nos esprits, s’est fortement implanté au cours des sept dernières décennies. Une partie essentielle de ce que fait le mouvement BDS, c’est d’écarter le désespoir et d’alimenter l’espoir et la conviction que nous, les opprimés, sommes capables de mettre un terme à l’oppression. »

Q. De plus en plus de sociétés sont susceptibles de quitter Israël au cours des prochaines années suite aux efforts des BDS et ce serait un succès pour le mouvement. Cependant, que dites-vous aux citoyens palestiniens en Israël qui pourraient être confrontés à des licenciements ou à d’autres conséquences économiques suite au fait que des sociétés multinationales quitteraient le marché israélien ?

« C’est le régime israélien d’oppression, et non la résistance à l’occupation et à l’apartheid, qui est responsable de ceci et de toute autre conséquence de cette résistance à l’oppression.

« Ceux qui prétendent que les BDS font du tort aux Palestiniens n’expriment pas seulement des idées non fondées et sans éthique, incapables de comprendre comment la résistance coûte toujours cher au début, mais ils se montrent également condescendants en disant aux Palestiniens qu’ils comprennent mieux nos intérêts que nous ne les comprenons nous-mêmes. Nous rejetons complètement cette attitude colonialiste. Rien ne blesse autant le peuple palestinien, que ce soit en 1948, en 1967 ou en exil, que ne l’a fait l’oppression raciste et coloniale de la part d’Israël. »

Q. En tant que citoyen palestinien d’Israël qui ne peut soutenir publiquement les BDS en raison de lois restrictives, je pense que je ne puis rallier réellement votre mouvement populaire non violent. Comment les activistes locaux peuvent-ils toujours vous soutenir ?

« C’est un malentendu à propos de la loi israélienne anti-BDS, une loi draconienne et antidémocratique. Aussi mauvaise soit-elle, cette loi n’empêche pas en fait le soutien aux BDS. Elle rend uniquement illégal le fait de soutenir publiquement le boycott contre Israël ou l’une ou l’autre des institutions du pays. Tout citoyen juif ou palestinien d’Israël qui souhaite soutenir le mouvement BDS peut déclarer publiquement son soutien sans violer la loi – pour autant qu’il ou elle ne lance pas directement un appel au boycott.

(Note du rédacteur en chef : La loi israélienne contre le boycott ne criminalise pas l’appel au boycott d’Israël et de ses institutions, mais elle permet aux citoyens individuels de poursuivre pour dommages financiers toute personne qui lance un tel appel public.)

« Il existe diverses façons de contourner cette loi répressive. Par exemple, je puis expliquer pourquoi la Société X est complice de violations du droit international et dire ensuite : ’Moi-même, je boycotte les produits de cette société mais, en raison de la loi répressive contre le boycott, je n’ai pas le droit de vous inviter à la boycotter aussi.’ De cette façon, je lance un appel indirect au boycott sans enfreindre la loi.

« Mais, en fin de compte, nous avons besoin d’une désobéissance civile largement répandue contre cette loi et toutes les autres lois draconiennes d’Israël, comme cela a été le cas au sein du mouvement américain pour les droits civiques et du mouvement anti-apartheid sud-africain. On ne devrait jamais obéir à des lois contraires à l’éthique et injustes. Les gens dotés d’une conscience devraient désobéir cottectivement et activement à ces lois et, finalement, les rejeter. »

Q. Un autre succès récent de la campagne BDS qui a fait les gros titres en Israël et dans le monde entier n’a pas été organisé – et c’est surprenant – par Barghouti et le BNC, mais par l’Autorité palestinienne. En tant que membre de la FIFA, la Fédération palestinienne de football association a été en mesure de menacer Israël d’expulsion des tournois sportifs internationaux et l’a finalement forcé à modifier sa politique concernant le football palestinien. Je voudrais comprendre comment Barghouti ressent la chose – ainsi que l’Autorité palestinienne elle-même.

« Les BDS sont un mouvement des droits de l’homme émanant de la base et de la société civile et il est entièrement indépendant des structures palestiniennes officielles et de tout gouvernement », insiste Barghouti. « Il a joué un rôle critique dans la campagne visant à exclure Israël de la FIFA et la plupart des observateurs reconnaissent ce rôle. Les activistes palestiniens de la solidarité, dont presque tous sont des partisans des BDS, luttent depuis des mois pour accroître la conscience à propos des violations par Israël des droits des athlètes palestiniens dans le contexte général de l’occupation et de l’oppression.

« Le fait que des hauts responsables palestiniens ont dirigé l’effort public à ce propos a été notre talon d’Achille, car l’Autorité palestinenne est enchaînée aux humiliants accords d’Oslo et elle n’est pas destinée à résister au régime israélien d’oppression de quelque façon significative et stratégique que ce soit. »

Q. Le mouvement BDS devient de plus en plus populaire. Où voyez-vous aller le mouvement à la fois dans un futur proche et dans un futur lointain ?

« Nous entrons de plus en plus dans les moeurs traditionnelles. C’est notre défi. Nous ne mendions pas la charité ; nous lançons un appel en faveur d’une solidarité réelle. Comme Martin Luther King Jr. l’a dit un jour, le boycott à un niveau basique entraîne ’le retrait de la coopération avec un système mauvais’. Quand nous demandons à des institutions et à des organisations de désinvestir des sociétés impliquées dans les crimes d’Israël, nous ne demandons rien d’héroïque. Nous demandons tout simplement à ces organisations de remplir une obligation profondément morale. Telle est la logique contraignante et éthique des BDS et c’est le principal facteur que l’on trouve derrière l’impressionnant développement du mouvement au cours de cette dernière décennie.

« Le mouvement BDS atteint un point critique surtout parce que sa stratégie fonctionne – et bien – et parce qu’Israël a basculé vers la droite fanatique en introduisant des éléments fascistes dans son gouvernement, laissant ainsi tomber le dernier masque de sa ’démocratie’ trompeuse. Peut-être notre réalisation la plus importante est-elle d’unir les Palestiniens, par-delà tout l’éventail politique et idéologique, en une plate-forme des droits de l’homme et derrière une forme non violente de résistance qui, de plus, est ancrée dans la législation internationale. »

À en juger par les victoires que les BDS ont engrangées récemment, il semble que, finalement, cette stratégie qui s’appuie sur un ensemble de pressions soutenues et de plus en plus fortes sur Israël dans tous les domaines – académique, culturel, économique et militaire – commence par avoir des effets réels et sérieux. Ou, pour reprendre les mots d’Omar Barghouti, « nous n’y sommes pas encore, mais nous sommes en train d’atteindre notre intensité sud-africaine ».

Interview réalisé par Rami Younis. L’article est d’abord paru en arabe sur Bokra.net. Une version de cet article a également été publiée en hébreu sur Local Call, un site où l’auteur se charge d’un blog.

La traduction française est parue initialement sur le site de la Plate-forme Charleroi-Palestine

14 juin 2015

Pour le Collectif ACIDE vidéos exclusives du forum reprenons l’initiative contre les politiques de racialisation du 9 mai dernier à Gennevilliers avec :Saïd Bouamama – Sociologue Alima Boumediene-Thiery -Jocelyne – UJFP (Union Juive Française pour la Paix) Eric Fassin – Sociologue -Saimir Mile – Président de La voix des Roms Farid Bennaï – coordinateur du forum

acide

source http://reprenons.info/

Vidéo 7/7 [2:08]

Conseils aux nouveaux militants du collectif ACIDE..et oui !

Saïd Bouamama – Sociologue et militant au Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires

Au forum reprenons l’initiative contre les politiques de racialisation du 9 mai dernier à Gennevilliers

Vidéo 6/7 [1:43]

Le petit mot sur le FUIQP

Saïd Bouamama – Sociologue et militant au Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires

Au forum reprenons l’initiative contre les politiques de racialisation du 9 mai dernier à Gennevilliers

Vidéo 5/7 [8:22]

Alima Boumediene-Thiery – Ensemble!

Vidéo 4/7 [3:43]

Jocelyne – UJFP (Union Juive Française pour la Paix)

Vidéo 3/7 [3:53]

Eric Fassin – Sociologue

Vidéo 2/7 [3:11]

Saimir Mile – Président de La voix des Roms

Vidéo 1/7 [1:26]

Farid Bennaï – coordinateur du forum reprenons l’initiative contre les politiques de racialisation

14 juin 2015

Jeudi 11 Juin 2015 : « Le sionisme en questions » (Pierre Stambul) et quelques mots sur les derniers événements

Pierre revient aussi sur les événements réçents dont il a ete victime .. a lire, partager sans modération

Source https://amistempsdescerises.wordpress.com/

Le sionisme est à la fois une fausse réponse à l’antisémitisme, un nationalisme, un colonialisme et une manipulation de l’histoire, de la mémoire et des identités juives.

La question du sionisme est centrale comme l’était celle de l’aparthéid quand il a fallu imaginer un autre avenir pour l’Afrique du sud…

12 juin 2015

Vendredi 26 juin 20 h aura lieu la 3ème rencontre organisée par le Collectif ACIDE

26juin

Vendredi 26 juin aura lieu la 3ème rencontre organisée par le Collectif ACIDE (Agir Contre les Inégalités et les Discriminations Ethno-raciales).

Cette soirée s’inscrit dans la continuité des événements précédents autour de l’islamophobie : le 20 février avec Laurent Lévy (Islamophobie en France :

la laïcité dévoyée, la gauche divisée –https://www.facebook.com/events/502492659888448/)

et le 10 avril avec Michèle Sibony & Ismahane Chouder (Une juive et une musulmane contre l’islamophobie – https://www.facebook.com/events/1558051814468365/).

Cette rencontre se déroulera en 3 parties :

1/ La télévision est-elle islamophobe ? [Nadejda]
Visionnage d’archives de la télévision française sur l’évolution et la diffusion du discours islamophobe dans les médias avec un décryptage collectif du rôle de la télévision dans la fabrication d’un problème et sur la description d’une communauté de façon péjoratif.

2/ Stéréotypes sur les musulmanes [Nawel]
Projection d’un court métrage inspiré d’une histoire personnelle, qui traite des idées reçues à l’égard des femmes portant le voile, la perception extérieure de ce voile est souvent liée à une image rétrograde de la femme, alors qu’il est simplement l’expression de leur choix et liberté personnelle. La projection de ce film sera suivie d’une intervention de la réalisatrice ainsi que d’un débat.

3/ Repas solidaire (ftour) à 22h
En ce mois de ramadan pour les musulman-e-s, nous vous proposons de partager un repas convivial pour la rupture du jeûne. Musulman-e-s ou non, vous êtes tous convié-e-s afin de nous réunir dans un esprit fraternel pour clôturer cette rencontre. Pour une meilleure organisation, nous vous vous demandons de bien vouloir confirmer votre présence par :
– message sur le compte facebook du collectif
– mail : acide.orl@gmail.com
– téléphone : 06 61 08 68 89

Nous ferons appel à votre générosité pour la participation à ce repas car le collectif est indépendant et fonctionne uniquement avec ses propres fonds.

12 juin 2015

France : Envoyez l’raid ! – Sarah Katz

Envoyez l’raid !

Par Sarah Katz

Sarah Katz est membre de l’ISM et de l’UJFP. Elle a fait, depuis 2010, de longs séjours dans la Bande de Gaza.

Le robot-cop, tout de noir vêtu – seule différence visible avec ses frères en vert qui me braquait en me traitant de pute à travers la dite « barrière de sécurité » qui enserre Gaza (1) – qui me plaque brutalement contre le mur de la chambre, le pistolet à quelques centimètres de ma tête, tremble nerveusement.

Il me faut quelques instants – plus qu’inconfortables – pour me convaincre que le groupe de clones, la moitié portant cagoule, qui envahissent l’appartement sont bien « la police ». Devant ces robots apeurés, étiquetés dans le dos « RAID » sur leur lourds gilets pare-balles, visiblement éberlués que ce soit ma seule interrogation (« non ! vous êtes bien la police ? »), je me mets en devoir de faire descendre la pression. Incontestablement je calme les deux qui me retiennent dans la chambre. Sans me figurer que pendant ce temps, leurs petits frères brutalisent Pierre.

Plus réactif que moi – nous sommes en pleine nuit, profondément endormis -, Pierre est sorti immédiatement en entendant son nom crié dans la cour. Le groupe du RAID se retrouve devant un grand danger : un retraité en slip qui ouvre spontanément sa porte devant le boucan. Ils le jettent courageusement à terre, l’insultent, parviennent à le menotter.

L’unité d’élite française de la lutte anti-terroriste est diligentée suite à l’appel d’un certain Pierre Stambul, qui explique avoir tué sa compagne, être armé, et prêt à tirer sur tout ce qui se présentera. Problème bien sûr, sauf que probablement ne relevant pas du RAID. Et surtout sauf que ce n’est que la quatrième fois en deux mois que la « procédure » est utilisée, à l’identique. En particulier contre l’un des co-présidents de l’Union Juive Française pour la Paix. Et que Pierre Stambul est l’autre co-président. Aucune vérification, aucun recoupement, même « réponse » : quartier bouclé, portes d’accès enfoncées, et dans le cas de Pierre, un premier appartement forcé par erreur.

L’auteur du détournement de lignes téléphoniques qui permet ce genre d’attaque est connu : Gregory Chelli, alias Ulcan, hacker qui depuis Israël mène un lutte acharnée contre toute expression de défense des droits du peuple palestinien. Et qui est particulièrement enragé contre la composante juive du mouvement de solidarité pro-palestinien, ces traitres, parmi lesquels l' »immonde Stambul », comme l’écrit la LDJ, en appelant à casser la conférence que Pierre devait tenir à Toulouse le soir de l’attaque du RAID – bizarre coïncidence, non ?

La conférence s’est tenue, quelques 300 personnes, ambiance chaleureuse et enthousiaste, même pas dérangée par la poignée (j’ai compté 12 personnes) qui représentaient les forces de la LDJ sensées venir de toute la France. Trois cents personnes venues écouter un point de vue juif sur le sionisme, applaudissant à tout rompre les appels de l’orateur à développer la lutte et en particulier renforcer la campagne BDS.

Deux interrogations de fond émergent en pleine lumière à la lumière de cette attaque du RAID :

– Comment opèrent les forces de police ?

Que le RAID soit brutal quand il pense être face à un forcené, on peut s’y attendre. Qu’il garde menotté et insulté la personne en question pendant une heure, quand il s’avère en quelques secondes que l’appel est un faux, c’est plus étrange. Quand la police nationale s’empresse ensuite à mettre à l’isolement cette même personne et le garde ainsi pendant sept heures, cela devient plus clair : un militant pour les droits du peuple palestinien ne peut qu’être suspect…

– D’où la deuxième question : par qui sont dirigés les forces de police ?

Tout est inquiétant : pourquoi le RAID, qui n’est déplacé à l’évidence que par un commandement très haut placé ? Pourquoi la recherche de « cache d’armes », s’il s’agit d’une histoire d’appel bidon ? Pourquoi Ulkan, dont les appels sont déjà responsables de la mort d’une personne (le père d’un journaliste de rue 89), n’est l’objet d’aucun contrôle ? Pourquoi la police nationale, quand le prétexte de l’intervention du RAID est dégonflé depuis des heures, traite la victime comme un criminel ?

Nous interpelons Cazeneuve. Nous vous tiendrons au courant.

La vraie raison de cette hystérie, c’est l’inquiétude montante des sionistes de tout poil devant la montée du boycott. Alors plus que jamais, boycott !

Sarah Katz, 11 juin 2015

viaFrance : Envoyez l’raid ! – Sarah Katz.