Gaza : Il s’appelait Awda. Awda Jihad Awda Hamada. Il avait 27 ans. – Sarah

Gaza – 21 décembre 2013

Il s\’appelait Awda. Awda Jihad Awda Hamada. Il avait 27 ans.

Par Sarah

Un « terroriste » ? Non. Un homme jeune juste marié qui bagarrait dur pour ramener un peu d\’argent à la maison. Fouillant les rebuts pour trouver un peu de métal, des pierres utilisables en construction. La lutte dos au mur pour la survie, quand l\’existence vous a planté dans une bande de terre assiégée, économie dévastée, travail improbable. Il s\’est aventuré trop près de la « barrière de sécurité » ? Non. Il en était à plus de 800 mètres, vous lisez bien, quasi un kilomètre. Il travaillait avec son frère dans un des lieux qu\’ils fréquentaient très habituellement. Absolument rien ne pouvait faire pressentir le drame.

Il faisait grand jour, milieu d\’après-midi ce vendredi. Ils n\’ont rien vu venir. Radad, le jeune frère à bout de pleurs, peut juste mimer qu\’il a entendu les balles siffler. Le bras transpercé, blotti dans une ornière, il a eu le sentiment d\’attendre très longtemps, peut-être une heure, auprès de son frère mort, que l\’ambulance puisse obtenir l\’autorisation de les rechercher.

D\’où sont venus les tirs ? Probablement d\’une tour, ces gros robots tueurs, dirigés d\’un lointain poste de commande, qui ponctuent la barrière. Il y a ce soir en Israël quelqu\’un qui s\’endort après avoir tué. De son poste de surveillance que l\’on peut imaginer bien confortable, à des kilomètres de sa victime. Dont il ne pouvait ignorer qu\’elle ne représentait pas le moindre danger pour qui ou quoi que ce soit.

A moins que le fait d\’être Palestinien ne constitue en lui-même une menace, ou pour dire mieux une raison de tuer.

Gaza, vendredi 20 décembre 2013

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