Ni aides humanitaires ni visites diplomatiques, nous cherchons une décision politique

Ni aides humanitaires ni visites diplomatiques, nous cherchons une décision politique

Ziad Medoukh

Malgré la signature de l’accord de cessez-le feu, et malgré une trêve fragile entrée en vigueur la semaine dernière, la situation dans la bande de Gaza est toujours sous tension.

Israël n’est pas satisfait de cet accord, il viole cette trêve tout le temps, il essaye de provoquer les factions de Gaza par des tirs et la présence de ses soldats sur les frontières.

La population civile, qui a été la plus touchée et la plus visée par l’offensive militaire israélienne du 14 au 21 novembre 2012, est soulagée certes, en dépit des pertes humaines et des destructions massives.

La vie reprenne doucement, doucement, à Gaza, malgré les conséquences désastreuses des dernières attaques .La population est en train de vivre à côté des ruines des maisons, immeubles et bâtiments détruits.

Pour nous, cette trêve marque la fin de la nouvelle agression israélienne contre Gaza, mais pas la fin de l’occupation, car, sous n’importe quel prétexte, cette armée pourrait de nouveau attaquer, bombarder et pilonner cette région toujours sous blocus. D’autant plus qu’Israël n’a reçu aucun critique de la part des instances
internationales vis-à-vis des opérations militaires de la semaine dernière.

Tout le monde sait que l’impunité d’Israël l’encourage à poursuivre ses attaques, et le meilleur exemple en est ses crimes commis à Gaza en 2009 sans soulever aucune réaction internationale ni aucune sanction.

Nous saluons ici la mobilisation populaire et citoyenne, partout dans le monde, au travers des manifestions, rassemblements, et
protestations contre l’offensive militaire israélienne et en soutien à Gaza et sa population.

Devant le silence complice de la communauté internationale officielle, cette mobilisation citoyenne avec la résistance de la population civile à Gaza, a été l’élément principal qui a poussé l’armée israélienne à mettre fin à son agression.

Actuellement, il y a beaucoup de visites diplomatiques et de solidarité à Gaza, tout cela est important pour venir montrer son soutien et constater les dégâts de l’agression israélienne.

Des associations et des organisations internationales se mobilisent pour venir en aide aux Gazaouis, elles récoltent des fonds et du matériel pour les envoyer à Gaza, tout cela est important étant donnés les besoins énormes de cette population qui a beaucoup souffert de attaques israéliennes.

Malgré la destruction, le manque de moyens, les besoins, et
l’isolement, les aides alimentaires, et les visites sur place ne sont pas une priorité.

Le plus important, à mon avis, ce sont les décisions politiques qui devraient être prises par les instances internationales afin d’arrêter les attaques israéliennes contre Gaza et contre la Palestine.

Nous avons besoin d’une décision politique qui oblige Israël à respecter les droits des Palestiniens, une décision qui mettra fin à l’occupation coloniale.

Notre cause est politique, c’est une cause de justice, nous sommes occupés, nous sommes opprimés, nous avons le droit d’être libres et de vivre en paix sur notre terre.

Jusqu’à quand allons-nous vivre dans ce cycle infernal : attaques israéliennes, aides humanitaires pour les Palestiniens sinistrés et touchés par ces attaques, puis reconstruction des infrastructures détruites, puis de nouvelles attaques… ?

Jusqu’à quand notre cause va-t-elle rester humanitaire ? Jusqu’à quand le monde entier va-t-il s’intéresser à la Palestine, sauf quand il y a des morts et des bombardements ?

Pourquoi cette communauté internationale oublie-t-elle qu’en Palestine, il y a la colonisation, le mur, le blocus, et pas seulement les besoins matériels d’un peuple qui souffre d’une occupation ?

Nous voulons une reconnaissance officielle d’un état palestinien libre et indépendant.

Nous cherchons des décisions courageuses qui obligent Israël à respecter tous les accords de paix signés avec les Palestiniens, et à respecter d’abord le droit international, sous peine de sanctions économiques et politiques contre cet état d’occupation.

Nous sommes pour une paix juste et durable, mais la paix passera en premier lieu par la justice.