Michel Warschwaski : « L’accord entre Israël et les prisonniers palestiniens est une avancée »

Michel Warschwaski : « L’accord entre Israël et les prisonniers palestiniens est une avancée »

Comment réagissez-vous à l’accord mettant fin à la grève de la faim des prisonniers palestiniens ?

C’est une demi-surprise. Nous savions qu’il y avait des négociations entre l’administration israélienne et les représentants des
prisonniers depuis 48 heures. Mais le gouvernement israélien actuel est tellement jusqu’auboutiste que je ne pensais pas que cela puisse aboutir aussi vite. Cet accord est une avancée. Les autorités israéliennes se sont engagées à rétablir les visites des familles des prisonniers originaires de la Bande de Gaza. Ceux qui étaient placés en isolement ne le sont plus. La période de détention administrative de certains d’entre eux ne sera pas renouvelée. Il s’agit en fait de l’annulation de mesures prises en 2007, suite à la capture du soldat israélien Gilad Shalit. On efface une punition collective, ce qui semble la moindre des choses puisque Gilad Shalit a été libéré.

Comment expliquez-vous que les autorités israéliennes aient accepté ?

Je n’y croyais pas. Je pensais qu’il y aurait eu des morts avant que le gouvernement israélien ne bouge. La médiation égyptienne a joué, il me semble, un grand rôle dans ce dénouement. Le gouvernement égyptien actuel est beaucoup moins docile que le précédent vis-à-vis d’Israël. Les contreparties acceptées par les autorités israéliennes – les prisonniers s’engagent à ne pas organiser d’actions terroristes depuis leur prison – sont d’ailleurs de l’ordre du symbolique.

Est-on en train de vivre un moment clé dans la lutte palestinienne ?

Il ne faut pas exagérer. Mais il s’agit d’un moment important. Les prisonniers politiques du Hamas et du Fatah ont réussi à s’organiser ensemble, derrière une représentation unique. C’est un signe que la réconciliation entre ces deux frères ennemis est possible.

Ce succès marque-t-il selon vous, le début d’une mobilisation citoyenne non violente ?

Contrairement à ce qui se dit, la non-violence n’a rien d’original en Palestine! Il y a en permanence des mobilisations non armées, des manifestations, etc… C’est le succès de la propagande israélienne d’avoir imposé l’idée que cela n’existait pas. Les Palestiniens n’en sont juste pas encore à une phase de mobilisation collective. Il leur faut encore du temps pour cela. Un combat comme celui des prisonniers peut aider. Mais je ne pense pas qu’il puisse servir de déclencheur. Il faudrait pour cela davantage d’unité politique sur le terrain. En ce sens, celle dont ont fait preuve les prisonniers dans leur lutte peut donner des perspectives, servir de modèle.

Comment ont réagi les Israéliens ?

Ce n’est pas un évènement ici. L’article concernant l’accord est en page 6 du Haaretz (quotidien de centre gauche) d’aujourd’hui. Les quelques militants israéliens qui, comme au Centre d’Information Alternatif (AIC) à Jérusalem, ont mené des actions de soutien aux prisonniers, sont quant à eux très contents de ce résultat
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http://www.lavie.fr/actualite/monde/michel-warschwaski-l-accord-entre-israel-et-les-prisonniers-palestiniens-est-une-avancee-15-05-2012-27604_5.php

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